Théorie de la dissociation structurelle

Historique du concept de « dissociation »

La théorie de la dissociation structurelle a été développée dans les années 80 aux USA, puis dans les années 90 en Europe, à partir de la relecture des travaux du psychologue Français Pierre Janet, réalisés il y a plus d’un siècle. Depuis, elle fait l’objet d’un engouement croissant dans la recherche clinique internationale. Le terme « dissociation » ou « désagrégation mentale » a été utilisé par Pierre Janet pour décrire un phénomène qu’il observait chez de nombreux individus traumatisés.

En Europe, des équipes de cliniciens et de chercheurs néerlandais ont repris le modèle de Pierre Janet. Ils ont monté de nombreux programmes de recherche et mis au point des interventions spécifiques pour les patients présentant ce type de trouble. En particulier, Le modèle de la « dissociation structurelle » a été développé par Onno van der Hart, professeur de psychopathologie de la traumatisation chronique à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas.

Description de la dissociation structurelle

Les personnes traumatisées oscillent souvent entre des moments où elles revivent le ou les événements traumatiques et des moments où elles sont dans des états de détachement ou même de relative inconscience du traumatisme et de ses effets.

Selon la théorie de la dissociation structurelle, ce phénomène résulte d’une division de la personnalité qui survient suite à l’exposition à un événement traumatique. La personnalité de l’individu se divise en deux parties :

  1. une partie « apparemment normale » (PAN) qui essaye de continuer de gérer le quotidien.

  2. une partie « émotionnelle » (PE) qui contient les images, pensées et émotions liées aux traumas. Quand elle est activée, la PE amène la personne à revivre les sensations, les impressions et les émotions liées à l’événement traumatique. La PE peut être déclenchée automatiquement par des stimuli qui rappellent, de près ou de loin, l’événement traumatique.

La personne traumatisée essaie de rester dans la PAN en maintenant à distance, tant bien que mal, la PE qui l’entraine dans une reviviscence du trauma. Selon qu’ils sont dans leur PAN ou dans leur PE, les individus traumatisés vont alterner entre des moments de détachement et des moments de reviviscence de l’événement traumatique.

Selon le niveau de traumatisation, les personnes peuvent développer une ou plusieurs divisions de leur personnalité. Ainsi chez les personnes ayant vécu plusieurs traumatismes graves ou les personnes qui ont subi des traumatismes chroniques (abus, violences familiales graves, guerre, inceste, torture,…), leur personnalité peut se diviser en plusieurs PE, voire plusieurs PAN.

Onno van der Hart et ses collègues (Ellert Nijenhuis, Katy Steele, Suzette Boon,…) ont développé une façon de travailler innovante avec les divisions de la personnalité liées aux traumatismes complexes. Cette méthode est décrite dans un ouvrage en français intitulé « Le soi hanté » publié aux éditions de Boeck.

Pour en savoir plus : article en français de Nijenhuis, van der Hart, Steele, Desoir & Matthess (2006)