La Gestalt-thérapie

La Gestalt-thérapie est élaborée par Fritz Perls et son épouse Laura Perls. Elle prend forme aux États-Unis, dans la rencontre avec l’écrivain Paul Goodman et un cercle de penseurs, dont Paul Weisz et Isadore From. Elle puise à différentes sources : la psychanalyse, la gestalt psychologie, la psychologie humaniste, le pragmatisme américain, la phénoménologie et l’existentialisme.

Le terme allemand « gestalt » se traduit par « forme », au sens de « prendre forme », « s’organiser », « se construire », « donner une structure ».

Cette approche thérapeutique est centrée sur l’interaction constante de l’être humain avec son environnement. La Gestalt-thérapie s’intéresse à la manière dont cette interaction prend forme et tente de mettre du mouvement lorsque cette forme est figée ou répétitive. Face aux modifications de l’environnement, l’ajustement créateur est sans cesse à renouveler, le gestalt-thérapeute se centre dès lors davantage sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi ». Plutôt que de rechercher l’origine du traumatisme, cette approche cherche à libérer le comportement et lui permettre de se déployer.

La Gestalt-thérapie met l’accent sur la conscience du déroulé de l’expérience en cours dans l’ici et maintenant de chaque situation, notamment sur la situation co-construite entre le patient et le thérapeute. Celui-ci attire l’attention sur ce qui se passe et facilite ainsi « l’awareness » (conscience instinctive) et la prise de conscience (conscience réflexive). La nouveauté générée par cette posture spécifique est transformatrice.

La Gestalt-thérapie se garde d’avoir un projet sur le consultant, mais offre une occasion de transformation qui intègre toutes les dimensions de la personne : physique, affective, cognitive, sociale et spirituelle. La gestalt réhabilite le ressenti corporel et émotionnel, souvent censuré dans notre culture occidentale.

En Gestalt-thérapie, le symptôme psychopathologique est appréhendé comme une tentative de l’organisme pour faire face aux contraintes de son environnement. Si l’angoisse inhérente à la condition humaine prend des formes pathologiques, le processus thérapeutique permet la transformation de ces symptômes. Les données existentielles incontournables, telles la finitude, la solitude, l’incomplétude, la responsabilité et l’absurdité conditionnent le mouvement et la créativité. S’ajuster, s’orienter, découvrir et donner du sens à sa vie placent la Gestalt-thérapie dans une visée existentielle.

 

Les thérapeutes pratiquant cette technique :
Catherine Dewé, Jérôme Beerten