Travail psychomoteur relationnel

Le développement du bébé l’amène à cheminer d’un tout corporel (sensations non identifiées, réflexes…) vers une appropriation progressive de son corps (mouvements coordonnés …) et l’instauration de son « appareil » à penser. Il devient petit à petit capable de se représenter et acquiert la possibilité de se différencier de l’autre, de devenir un être autonome physiquement et psychiquement. Dans les premières années de la vie, le corps est l’outil essentiel de nos relations, complété ensuite (entre autres) par le langage.

Parfois, pour diverses raisons traumatiques ou autres, cette progression est enrayée voire stoppée et amène des troubles (instabilité, peurs, angoisses à la séparation, problèmes somatiques, difficultés dans les apprentissages…). Pour faire repartir le processus, il est toujours intéressant de proposer un travail psychocorporel.

En partant du jeu corporel spontané de l’enfant, le travail psychomoteur relationnel lui permet de vivre des expériences constructives (explorer, sauter, se balancer, grimper, glisser…) dans un cadre de sécurité psychique et physique. Le thérapeute est là pour lui offrir la contenance psychique nécessaire à toute intégration positive ; il cherche avec l’enfant à mettre des mots sur les sensations et les émotions qui ont accompagné le jeu corporel. L’enfant peut ainsi prendre appui sur la relation qui s’instaure dans ce travail thérapeutique pour enrichir ses expériences corporelles et développer sa sécurité intérieure, sa confiance en lui, et ainsi avoir plus d’accès à ses propres ressources.

Ce cheminement l’amènera petit à petit à développer des jeux plus symboliques, plus chargés des situations affectives ou relationnelles difficiles pour lui. L’accompagnement du thérapeute lui permettra de soutenir cette évolution et, à travers ses ressources, de mieux faire face aux difficultés. La relation à l’autre par exemple ne sera plus vécue comme une menace mais intégrée progressivement comme un lien flexible pouvant être proche ou plus distant, lien sur lequel l’enfant a sa propre action. Il acquiert ainsi sa propre autonomie psychique, basée sur sa sécurité corporelle et affective.